Anatomie de la hanche

COMMENT EST FAITE L’ARTICULATION DE LA HANCHE : RAPPEL ANATOMIQUE ET PHYSIOLOGIQUE

L’articulation de la hanche ou articulation coxo-fémorale relie la tête du fémur avec le cotyle (cavité du bassin ou os coxal). Quelques mots d’anatomie et physiologie aident la compréhension.

A – Les surfaces :

La tête fémorale est sphérique, avec un diamètre de 45 à 65 mm. Le cotyle ou acetabulum est un large segment de sphère. Il est orienté vers l’avant de 20° environ en moyenne, mais avec des variations importantes possibles : c’est l’angle d’antéversion du cotyle.

Antéversion du cotyle
Antéversion du cotyle

L’emboîtement ou congruence entre les deux est fort, avec un effet ventouse et correspond assez bien à un modèle appelé rotule en mécanique. L’intérieur de l’articulation est tapissé par la membrane synoviale qui fabrique et résorbe le liquide du même nom.

Les surfaces sont recouvertes partiellement de cartilage articulaire :

  • Presque complètement sur la tête, sauf la surface d’attache du ligament rond (fovea)
  • Sur le pourtour du cotyle, en forme de fer à cheval, laissant libre l’arrière-fond d’où part le ligament rond

L’état de surface du cartilage articulaire normal est parfaitement lisse et la lubrification par le liquide synovial assure un coefficient de frottement extrêmement faible dans une articulation en bon état.

A – Hanche normale
A – Hanche normale
B - Le cotyle
B – Le cotyle
C - Coupe frontale : moyens d'union ; capsule, ligaments, muscles
C – Coupe frontale : moyens d’union ; capsule, ligaments, muscles

Le col fémoral est incliné de 130°dans le plan frontal (plan des épaules). Plus vertical, on parle de coxa valga; plus horizontal, de coxa vara :

Coxa vara
Coxa vara
Coxa valga. Variabilité de l’angle cervico daiphysaire

Il est incliné aussi dans le plan horizontal, regardant vers l’avant d’un angle moyen d’une quinzaine de degrés, avec des variations importantes (de -10° à + 50°) :

Le Calcar ou éperon de Merckel est une zone d’os très condensé et résistant, située au dessus du petit trochanter. C’est une zone clef pour la solidité d’une prothèse (ou d’une ostéosynthèse dans les fractures) :

La tête est contenue dans le cotyle : on parle de la couverture de la tête fémorale, externe et antérieure. La hanche est dysplasique quand les angles de couverture sont diminués.

L’angle CC’D est l’angle d’inclinaison du col fémoral. VCE est la couverture externe de la tête.
VCA la couverture antérieure de profil.

B. Les moyens d’union :

Le bourrelet ou labrum entoure le cotyle, en formant une sorte de joint d’étanchéité à la jonction tête cotyle :

La capsule et les ligaments constituent un manchon fibreux solide entre extrémité supérieure du fémur et périphérie du cotyle. (Un peu comparable au soufflet situé à l’articulation entre deux wagons de chemin de fer) :

La capsule antérieure. Ses renforcements forment les ligaments antérieurs.

Les muscles péri articulaires ont un rôle important ; pour les mouvements de la hanche, mais aussi pour la stabilité (instabilité dans des paralysies comme la poliomyélite, moindre stabilité des patients très amaigris, ou dans des pathologies neurologiques avec hypo ou hypertonie) :

Pauwels a exprimé les contraintes et les force par calcul mathématique .

C. La stabilité

La hanche naturelle à une très grande stabilité, du fait de la forte congruence des pièces articulaire et du puissant appareil capsulo-ligamentaire et musculaire. Seuls des traumatismes violents peuvent provoquer une luxation (déboîtement). La hanche prothèsée a obligatoirement une stabilité moindre.
La tête prothétique a un diamètre plus faible que la tête anatomique. Cela réduit mathématiquement l’arc de mobilité (schéma) avant qu’un contact se produise entre col et cotyle.

L’amplitude théorique augmente avec le diamètre de la tête

L’ouverture capsulaire est une zone de faiblesse potentielle, vers l’arrière ou l’avant, en fonction du type d’abord chirurgical, car les tissus cicatriciels n’ont pas tout à fait la même qualité que l’original. D’où l’intérêt des abords intermusculaires (comme l’ASIA) qui minimisent le problème.

Les sections musculaires nécessaires à certaines techniques réduisent ou suppriment le rôle de certains muscles, temporairement ou définitivement (moyen fessier, pelvitrochantériens)

La stabilité d’une hanche prothèsée dépend :

  • de la bonne position des implants
  • du respect des structures anatomiques péri articulaires
  • de la qualité de cicatrisation capsulaire (surtout dans les voies d’abord postérieures)

D. On peut évaluer la qualité de la restitution anatomique après prothèse totale de hanche

Égalité de longueur des membres inférieurs : lignes tangentes aux ischions : distance de cette ligne au sommet du petit trochanter du côté opéré et du côté controlatéral.
Latéralisation : distance entre le centre de la tête et la verticale passant par la ligne médiane (symphyse pubienne).

Evaluation post opératoire de la longueur et de la latéralisation