Suites opératoires & Fast-Track

LES SUITES OPERATOIRES ET LE FAST-TRACK / READAPTATION RAPIDE

AttentionAVERTISSEMENT : Tout ce qui est exposé ici concerne le cas habituel d’une PTH ASIA sans complication.

Oubliez tout ce que vous avez entendu à propos des suites d’une prothèse. Nous sommes au 21e siècle et pas en 1960.
Nous faisons tout pour vous apporter des soins de qualité optimale, avec une équipe très spécialisée, expérimentée et performante. Du chirurgien et de l’anesthésiste aux infirmiers et aides soignants, toute l’équipe est mobilisée par un objectif : Le retour le plus rapide possible à votre vie normale, chez vous. Le Fast-Track du programme Rapid Recovery vous offre une approche nouvelle de la réadaptation.

Deux points fondamentaux sont à intégrer ;
– vous n’êtes pas malade.
– vous faites partie de l’équipe. Vous devez être le centre actif de cette équipe.

Prenons une comparaison : quand votre voiture a un problème, le mécanicien change la pièce défectueuse et l’auto reprend son fonctionnement normal. Le chirurgien agit comme un biomécanicien qui remplace l’articulation défectueuse par une prothèse qui permet un fonctionnement quasi normal. Ne poussons pas plus loin l’analogie avec la mécanique, mais toute la volonté du patient doit être tournée vers un but : retourner à la vie habituelle normale.

LE PROGRAMME RAPID RECOVERY ou READAPTATION RAPIDE n’est pas un caprice de chirurgien ou une recherche du spectaculaire. C’est une approche résolument nouvelle des suites opératoires, qui a fait ses preuves aux USA et dans l’Europe du nord.

Le Rapid Recovery est basé sur des faits qui ont tous été démontrés scientifiquement  pour la chirurgie de la hanche :

  • Les opérés qui ne vont pas en centre de rééducation obtiennent strictement le même résultat que ceux qui y vont. (et même, plus rapidement dans mon expérience personnelle).
  • La fréquence des infections nosocomiales augmente mathématiquement avec la durée de séjour en milieu hospitalier, quelle que soit la cause d’hospitalisation (chirurgie, médecine, rééducation) et quelle que soit la qualité de l’établissement.
  • La HAS (Haute Autorité de Santé), après examen des données scientifiques publiées dans le monde, a émis le 29 mars 2008 une Recommandation stipulant qu’une Prothèse de hanche justifie 15 séances de rééducation en ville, sauf complication, pathologie associée ou conditions sociales particulières.
  • Vouloir à toute force un séjour en centre de rééducation exposera de plus en plus à un refus de la SS de prendre en charge des frais très élevés et mal justifiés. La question de la responsabilité personnelle de chacun d’entre nous est clairement posée, à l’heure où des efforts énormes sont demandés à tous pour sauver notre merveilleux système de santé.
  • Les cas particuliers peuvent être étudiés avec l’assistante sociale qui aidera dans l’organisation du retour à domicile dans les meilleures conditions.
  • L’expérience de dizaines d’années de chirurgie prothétique dans notre service de Giens, nous fait constater qu’à leur sortie du service, nos patients sont bien plus performants aujourd’hui au 2e ou 3e jour, que quand ils séjournaient 1, 2, voire 3 semaines en chirurgie. Et pourtant nous opérons de plus en plus de personnes très âgées.

Cela s’explique par :

  • Les progrès des soins avec notamment les techniques Mini invasives, la réduction du saignement et des atteintes musculaires, avec comme conséquence bénéfique la possibilité d’une reprise fonctionnelle immédiate.
  • Une approche dynamique par l’équipe soignante et le patient.
  • La réduction de l’hospitalisme : une personne hospitalisée a hâte de rentrer chez elle dans les premiers jours, car on est moins bien à l’hôpital que chez soi. Le départ est vécu comme le retour à la normale. Mais après un délai qui est proche de 7à 8 jours, elle s’accoutume à sa situation nouvelle et s’installe dans les habitudes de ce petit monde de l’hôpital. Le départ est alors vécu de façon plus ou moins angoissante, comme une rupture avec ces nouvelles habitudes.

Le Rapid Recovery associe un ensemble de mesures cohérentes qui améliorent la prise en charge des patients, pour leur permettre de rentrer chez eux rapidement et dans de bonnes conditions.

Ceci est réalisé grâce à :

  • Une meilleure information
  • La mise en contact de plusieurs personnes opérées dans la même période, avant et pendant le séjour
  • Une dynamisation par le groupe : intervention, réadaptation, repas etc
  • Une aide à l’organisation du retour à domicile

1. Avant l’opération

Après avoir consulté le chirurgien, le patient qui décide de se faire opérer va convenir de la date opératoire avec le secrétariat. Une consultation avec le médecin anesthésiste aura lieu quelques semaines avant la date d’intervention. Habituellement plusieurs opérés par la technique ASIA seront programmés pour le même jour et le jour suivant.

Le programme Rapid Recovery va alors débuter, par une réunion d’information. Les futurs opérés des mêmes dates y sont conviés, avec l’accompagnant de leur choix, pour se voir expliquer la prothèse, l’intervention, l’anesthésie, l’hospitalisation, la réadaptation.

Ils vont faire connaissance avec les autres personnes qui formeront avec eux un groupe de séjour, réuni par la même intervention. Ils vont se retrouver pendant l’hospitalisation, surtout au cours des séances de réadaptation.

Le déroulement prévisible va être expliqué, concernant la chirurgie, l’anesthésie, le séjour dans l’unité de soin, la kinésithérapie

Cela permet de mieux comprendre et intégrer l’information, dans ce contexte plus calme que celui de la consultation et où on prend le temps de répondre aux interrogations des patients.

2. A l’admission

Le patient se verra rappeler des informations données lors de la réunion. Il ne s’étonnera pas que plusieurs personnes posent la même question, notamment sur le côté à opérer. Cela fait partie des mesures qui augmentent la sécurité de prise en charge. Dans cette phase de préparation on vérifiera la dépilation du champ opératoire que le patient a faite lui-même précédemment. L’opéré prendra une douche au savon antiseptique le soir, puis une seconde douche le matin, avant de descendre au bloc opératoire.
Il retrouve dans le service de soins, des personnes avec qui il a fait connaissance lors de la réunion d’information.

3. Après l’intervention

Avant d’être remonté dans sa chambre, l’opéré passe quelques heures en salle de surveillance post interventionnelle (SSPI) . Cela permet une surveillance étroite. Le recours à la morphine est maintenant limité au maximum, car son utilisation est une source d’inconfort important. Les patients qui reçoivent la morphine sont souvent gênés par des effets indésirables : nausées ou vomissements, vertiges, constipation, rétention urinaire, difficultés à se mouvoir, difficultés de concentration et d’idéation.

Répétons qu’opération ne signifie pas maladie. Le principe est de revenir le plus vite possible dans un fonctionnement ordinaire. Le fait de s’habiller plutôt que rester en pyjama, de se raser ou se maquiller un peu, plutôt que ressembler à un épouvantail, manifeste clairement cette volonté de retour à la normale. Dans la même dynamique, la place d’un opéré n’est pas au fond de son lit avec la couverture remontée jusqu’au menton, mais debout et marchant ou assis au fauteuil en attendant une nouvelles séquence de marche.

Réadaptation rapide :

Retenez absolument que le kiné ne vous fait pas la rééducation. C’est vous qui vous réadaptez, sous la surveillance du kinésithérapeute. C »est comme un élève avec un professeur de gymnastique. Le prof n’est pas là pour faire à la place de, mais pour apprendre à faire. Multiplier les séances est inefficace et coûteux, si la personne ne se donne pas la peine de faire par elle-même, le maximum pour progresser.

L’après-midi de l’intervention, l’opéré(e) va se lever, sous la surveillance du kinésithérapeute et/ou des infirmières et marchera un peu dans la chambre. Le premier jour post-opératoire le kinésithérapeute accompagne la marche dans la chambre, puis le couloir et si possible les escaliers.
Le jour suivant, marche, escaliers, rappel des consignes et départ pour retour à la maison, sauf pour des cas particuliers.

Le petit groupe d’opérés va se retrouver pour des exercices individuels et en commun, expliqués et supervisés par le kinésithérapeute.

Une bonne partie de ces activités s’effectuent dans la salle dédiée au Rapid Recovery.  Il se crée ainsi une émulation très dynamisante.

C’est ainsi que sauf exception, les opérés pourront quitter l’hôpital au 2e ou au 3e jour post opératoire.

4. Le retour à domicile

En  2015, le retour à domicile est la règle après une PTH, sauf cas particuliers. Ces cas peuvent être étudiés avec l’assistante sociale qui aidera à organiser les suites.

Toutes les consignes utiles auront été données et répétées, ici sur ce site, lors de la réunion d’information, par le kinésithérapeute pendant le séjour. Donc, il est hautement recommandé de suivre les consignes du chirurgien et de l’équipe soignante, plutôt que celles de maintes personnes bien intentionnées, mais habituellement mal au courant des derniers progrès techniques.

Ce qui vous a été expliqué à l’hôpital est le fruit de l’expérience, pas de la fantaisie. C’est parce que cela marche bien ainsi, que nous vous recommandons de le faire.
Il faut redire ici que LA MARCHE représente à elle seule une grosse partie de la réadaptation. C’est vraiment important après cette opération. La marche n’est pas une option, elle est indispensable pour une bonne récupération. C’est elle qui va restaurer la qualité des muscles stabilisateurs du bassin, donc la confiance et le bon équilibre. C’est un exercice gratuit, simple, totalement physiologique, favorable à toutes les fonctions fondamentales du corps humain, qui ne requiert aucun moyen compliqué, qui peut être pratiqué par tout le monde. Face à cette exigence, il n’existe que de mauvaises excuses. Même si marcher n’est pas votre plaisir, après l’opération c’est votre travail. Vous devez marcher plusieurs fois dans la journée, en faisant très vite de vraies promenades, sur des distances croissantes et pas seulement quelques pas dans le logement ou le jardin. Dès que la sensation de stabilité est suffisante, l’abandon d’une puis l’autre canne est conseillé (on marche sans canne dans la vraie vie !).

 

RAPPELONS QUELQUES CONSIGNES ÉLÉMENTAIRES :

On peut: 

  • Plier les genoux dans son lit ou assis
    Se tourner dans le lit : (on plie les genoux et on tourne en bloc sur le côté.)
  • S’assoir normalement
  • Se lever et se coucher normalement
  • Monter ou descendre d’une auto normalement
  • Se baisser normalement

Il faut éviter pendant au moins un mois :

  • De plier la cuisse à plus de 90° (l’angle droit) pendant le premier mois (donc ne surtout pas enfiler seul(e) les chaussettes ou les bas de contention veineuse)
  • De faire une hyperextension de hanche (par exemple prendre une valise dans une étagère très haute)

Donc Attention, c’est exactement le contraire de la consigne donnée aux patients opérés de PTH par abord postérieur.

En cas d’inquiétude l’équipe soignante est joignable pour vous renseigner et vous rassurer.